Visite de l’entreprise Altriom spécialisée dans le traitement innovant des déchets

altriom
Délégation de Bordeaux Métropole à Altriom (Le Puy en Velay, Haute Loire). De gauche à droite: Jean-Claude Feugas (conseiller métropolitain), Serge Tournerie (conseiller métropolitain), Dominique Alcala (vice-président de BM), Xavier Etchegaray (cabinet de BM), Bertrand Bouchaudy (directeur de la collecte à BM), Guillaume Garrigues (conseiller métropolitain), Marie-Christine Boutheau (conseillère métropolitaine), Matthieu Charreyre (directeur général d’Altriom)

Notre Métropole a incinéré l’an dernier près de 206 000 tonnes de déchets soit environ la moitié des déchets collectés sur notre territoire. Pourtant, une grande partie de ces déchets voués à l’incinération pourraient être réutilisés autrement, c’est le cas des biodéchets (déchets organiques) qui composent près de 60% de notre production de déchets dont la forte teneur en eau rend l’incinération peu judicieuse. C’est face à ce constat que nous avons décidé (à la demande d’Alain Juppé) avec la direction des déchets de Bordeaux Métropole et 4 collègues sensibles à ces questions (Dominique Alcala, vice-président délégué à la collecte, au tri et au traitement des déchets, Serge Tournerie, Jean-Claude Feugas et Marie Christine Boutheau) de visiter l’entreprise Altriom. Située au Puy en Velay (Haute-Loire), elle valorise près de 90% des déchets collectés sur son territoire et ce sans incinération.

La méthode d’AltriomMétaux produits à Altriom

Le processus développé par Altriom est innovant : les déchets résiduels (équivalent du contenu des poubelles noires à Bordeaux) sont intégralement triés alors qu’ils sont incinérés chez nous. Des mécanismes innovants (TMB, tri mécano-biologique) permettent le tri du papier, du carton, des métaux, des biodéchets… Le tri en poubelle noire et poubelle verte devient donc inutile (seul le contenu des poubelles vertes chez nous est recyclé et les produits métalliques de l’incinération sont récupérés). Les résidus de ce tri (CSR : combustible solide de récupération) ont une teneur en biodéchets (et donc en eau) beaucoup plus faible. Leur potentiel énergétique est donc très élevé et peut permettre d’alimenter des chaufferies ou des cimenteries. La diminution du volume incinéré réduit considérablement les émissions de cendres toxiques (aujourd’hui récupérées en sortie d’incinération et enfouies) sont donc beaucoup plus faibles.

Cette technique a toutefois quelques inconvénients. La qualité des déchets verts est d’abord plus faible que celle produite par nos centres de compostage, quelques résidus de plastique et de verre sont décelables dans le compost (en très faible quantité, 1% environ) ce qui ne permet pas une réutilisation pour le maraîchage. Les métaux produits sont aussi de moins bonne qualité que ceux issus de l’incinération car mélangés à des résidus d’autres déchets. Les produits issus du recyclage sont globalement de qualité inférieure mais en quantité plus importante. Toutefois l’évolution progressive des techniques de tri permet progressivement d’accroître leur qualité.

Bilan et proposition pour la Métropole

Tri mécanique des déchets - AltriomNous avons atteint un niveau de recyclage asymptotique d’un peu plus de 16% (part de la collecte sélective dans le total des ordures ménagères produites poubelle noire + poubelle verte), ce taux n’augmente quasiment plus malgré les efforts de notre métropole pour favoriser le tri. Les méthodes de tri à posteriori s’avèrent donc plus judicieuse que le tri à la source au vu de la montée en puissance des méthodes de tri mécano-biologique (TMB). En parallèle, l’Etat a décidé dans la loi sur la transition énergétique pour une croissance verte de généraliser le tri à la source des biodéchets d’ici 2025 (article 70). Dans la mesure où ces biodéchets correspondent à près de 60% de nos déchets produits et qu’ils diminuent la qualité des produits valorisés par le TMB (papier, carton, métaux…), nous pourrions envisager à moyen-terme de remplacer la collecte sélective (plastique, papier, carton, métaux) en poubelle verte par une collecte des biodéchets dans ce même bac. La poubelle noire collecterait donc tout le reste : papier, carton, plastiques, métaux… qui pourraient être triés via le tri mécano-biologique. Nous obtiendrions donc un compost et des produits de meilleur qualité. L’identification des bio-déchets semble d’ailleurs relativement intuitive, nous pouvons donc nous attendre à un taux de tri plus élevé que celui enregistré actuellement. Toutefois ce même article 70 de la loi sur la transition énergétique s’oppose au tri mécano-biologique au profit d’une augmentation du nombre de bacs de collecte:

« La généralisation du tri à la source des biodéchets, en orientant ces déchets vers des filières de valorisation matière de qualité, rend non pertinente la création de nouvelles installations de tri mécano-biologique d’ordures ménagères résiduelles n’ayant pas fait l’objet d’un tri à la source des biodéchets, qui doit donc être évitée et ne fait, en conséquence, plus l’objet d’aides des pouvoirs publics »

Dans l’état actuel des choses, cette disposition nous impose de mettre en place d’ici 2025 un troisième bac de collecte pour les biodéchets et donc de renoncer au tri à postériori (TMB). D’ici là nous devrons être très attentifs aux évolutions technologiques du tri bio-mécaniques qui pourrait nous permettre d’économiser des coûts de collecte non négligeables dans ce contexte de raréfaction de l’argent public (si le législateur assouplissait cette disposition législative…).

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